De nombreux articles vendus dans les magasins à un dollar contiennent des produits toxiques

Publié le 3 septembre 2022 à 19h39
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Une récente étude réalisée par l'organisme Environmental Defence conclut qu'environ trois produits sur dix vendus dans les « magasins à un dollar » Dollarama et Dollar Tree Canada contenaient différents métaux lourds tel que du plomb ainsi que des produits chimiques toxiques.

Ils présentent 3000 à 8000 fois le taux de plomb recommandé par Santé Canada, qui est de 90 mg/kg. C'est une faille dans la réglementation qui permet à ces entreprises d'enfreindre les lois canadiennes qui régissent les limitations de plomb, étant donné qu'il n'y a pas de réglementation à proprement dit qui surveille les taux de plomb à l'intérieur des produits, et ce, malgré le fait qu'ils ont tendance à se désagréger, puis à exposer le plomb aux personnes qui les utilisent.

Les plus fortes quantités de plomb ont été retrouvées dans des articles électroniques, notamment des casques d'écoute, des écouteurs et des bracelets moniteurs d'activités.

« Cette lacune dans la réglementation est une échappatoire que les magasins à un dollar utilisent pour vendre des produits qui contiennent des niveaux élevés de plomb — sans enfreindre aucune loi », explique Environmental Defence.



L'organisme mentionne également que l'exposition au plomb a de forts risques de causer des troubles neurologiques, cardiovasculaires, rénaux, de même que reproductifs.

Malgré le fait que Santé Canada ait instauré une certaine limite du taux de plomb permis dans les produits, la professeure de santé environnementale Élyse Caron-Beaudoin, qui travaille à l'Université de Toronto, estime qu'il ne devrait pas y avoir de plomb du tout.

« Il n'y a pas de niveau sécuritaire. On essaie d'atteindre zéro exposition. »

Dans des produits trouvés et testés dans des succursales de Toronto des mêmes entreprises de vente au détail, 25 % de ceux trouvés au Dollarama contenaient des produits chimiques toxiques, alors que c'était 30 % au Dollar Tree Canada. Tout particulièrement, ces produits toxiques ont été retrouvés dans les jouets pour enfants et les produits d'entretien ménager.

Aussi, des emballages de produits d'alimentation, comme des boites de conserve et des sachets de maïs soufflé devant être cuits au micro-ondes contiennent eux aussi des produits chimiques toxiques, dont le bisphénol A (BPA) et des PFAS.

Louise Hénault-Ethier, directrice du Centre Eau Terre Environnement et professeure associée à l'Institut national de la recherche scientifique, explique les possibles conséquences liées à ces produits chimiques.

« Si on expose les bisphénols à des acides, comme un jus de tomate, ou à la chaleur, parce qu'on les fait chauffer, ils vont avoir tendance à se détacher et à migrer dans les aliments. »

Ils peuvent constituer un danger pour la reproduction, le système nerveux central et le développement comportemental.

Cela étant dit, toutes les factures remises par Dollarama contiennent du bisphénol S (BPS), qui peut quant à lui être dangereux pour la reproduction.

Il n'a pas été possible de savoir si d'autres commerces remettent des factures contenant les mêmes produits toxiques, étant donné que seules celles de Dollarama et Dollar Tree Canada ont été analysées.

Selon Environmental Defence, les factures de Dollarama « ne devraient pas être manipulées des centaines de fois par les caissières et remis à chaque client ».

L'organisme conclut son rapport en demandant au gouvernement canadien de mettre en place des mesures pour protéger les consommateurs.

« Il est clair que les lois et les politiques du gouvernement canadien n'offrent pas une protection suffisante aux consommateurs, en particulier aux enfants, contre ces expositions toxiques. »

Elle souhaite entre autres que le gouvernement examine les produits importés de l'étranger pour mesurer les taux de produits pouvant être néfastes pour la santé des consommateurs et que les fabricants soient plus transparents sur l'étiquetage des produits.

Lorsque questionné sur ces résultats, Dollarama a affirmé à La Presse que les produits en vente « respectent tous la réglementation des produits applicable au Canada et peuvent être utilisés en toute sécurité aux fins prévues ».

Source : La Presse
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