Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys Fringants, s'ouvre sur le décès de Karl Tremblay

Publié le 19 novembre 2023 à 18h46
PAR GABRIEL LANDRY

Pour la première fois depuis le décès de son collègue et ami Karl Tremblay, Jérôme Dupras, le bassiste des Cowboys Fringants, a tenu à prendre la parole.

En effet, il a partagé un message touchant sur les réseaux sociaux :

« Karl, mon ami, mon frère,

27 ans ensemble dans un band, ça ne développe pas une amitié, ça forge l'éternité. Les dizaines de milliers de kilomètres que l'on a avalés ensemble, les scènes que l'on a foulées, les rires et les pleurs qui ont jaillis à chaque fois que tu ouvrais la bouche. Une grande partie de ma vie s'est faite à tes côtés : un peu en retrait, à ta gauche, je me suis toujours senti à ma place dans l'aura du protecteur.


Tu étais un géant habité d'une force tranquille : le plus grand chanteur que j'ai entendu, le clown des loges, l'entrepreneur pour le jeu et l'amitié, le power forward des ligues de bière, le père aimant, l'ami loyal, le guerrier devant la maladie, l'indéfectible joueur. Tu avais une vie sculptée entre ta famille et tes amis, entre ton divan et la scène. Un vrai de vrai anticonformiste, un rebelle, un punk, mais toujours respectueux, sans jamais marcher sur les pieds de personne.

La liste de personne qui peut changer la vie d'une nation entière est très courte. Ce n'est l'affaire que de quelques hommes et femmes politiques, de grands artistes ou autres militants du bien commun. Tu as réussi cela par ton charisme sans égal, mais aussi car tu n'as jamais rien cherché ou demandé. Le public l'a bien ressenti ton authenticité, ta gêne, ta douce extravagance. On ne peut pas cacher une personnalité à un public pendant des décennies. Les gens se sont reconnus car ils savent comme toi à quel point la vie est dure, parfois belle, mais que c'est en étant partagée qu'elle a un sens.

L'amour que tous te portent aujourd'hui n'a d'égal celui que tu avais pour tes filles, ta blonde, ta famille, tes amis, ton band et ton public. Nous te le devons bien.

Quelques minutes après que tu sois parti, je suis sorti de l'hôpital pour prendre l'air. Dans le ciel flottait le drapeau du Québec dans un impressionnant ciel multicolore, une des images les plus fortes de ma vie. Quelques jours plus tard, je constate qu'encore une fois, sans le vouloir, tu nous as tous porté sur tes épaules.

Je t'aime,
Jérôme

Ps. Merci à tous ceux et celles qui m'ont offert leurs témoignages et leur soutien dans les derniers jours. »


Source : Croustillant QC
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