Le Parti Québécois veut plus d'émissions québécoises et moins d'imitations de la Pat'Patrouille

Publié le 17 septembre 2022 à 14h43
PAR GABRIEL LANDRY

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois (PQ), promet d'offrir de nouvelles émissions jeunesse de qualité en doublant les budgets de Télé-Québec. Il s'en prend d'ailleurs à la Pat'Patrouille et à ses nombreuses imitations, très populaires sur les ondes de la chaîne de télévision québécoise publique, qui devrait normalement être à vocation éducative et culturelle :

« Tu as Super wings, Robocar Poli, la Pat'Patrouille, c'est toute la même émission. C'est un avion, un train ou la Pat'Patrouille, mais ils font exactement la même affaire. »

Il critique d'ailleurs ces émissions pour être tout simplement colorées, où les héros aident les communautés avec des pouvoirs, qu'ils soient une équipe de chien, des avions ou des robots automobiles :

« Je me suis informé pourquoi les enfants aimaient ça. Ça exploite le fait que les enfants aiment beaucoup les couleurs et les mouvements rapides, mais ce n'est pas nécessairement sain sur le plan éducatif. Quand tu compares avec la nouvelle mouture de Passe-Partout, et les émissions que Télé-Québec fait, c'est le jour et la nuit. »



C'est pourquoi le chef du PQ veut doubler les budgets de Télé-Québec, ce qui le porterait alors à 140 millions par année. Le chef péquiste est d'ailleurs très confiant envers le contenu que le Québec peut produire :

« Les émissions jeunesse québécoises sont tellement meilleures. Je le sais, j'écoute Télé-Québec chaque matin avec mes enfants puis entre la Pat'Patrouille et toutes les émissions qui sont un dédoublement avec un train et une autre bébelle, pis nos émissions québécoises qui sont intelligentes et éducatives. Faisons du contenu québécois. »

Paul St-Pierre Plamondon veut, en haussant les budgets de Télé-Québec, investir « dans notre avenir et dans la santé de nos enfants ». Il dit des émissions étrangères achetées par Télé-Québec qu'elles « ont été créées sous l'angle commercial et pas sous l'angle éducatif » et provoque ainsi la « surstimulation ». Le chef du PQ voudrait remplacer ces émissions par du contenu québécois. Il tient toutefois à préciser qu'il ne veut pas retirer toutes les émissions :

« Il y aura la Pat'Patrouille, mon fils de deux ans va capoter s'il n'y a plus Pat'Patrouille. »

La Coalition avenir Québec (CAQ), à l'instar du PQ, a déjà promis d'investir 65 millions dans les créations jeunesses pour Télé-Québec et ainsi permettre à la société d'État d'ajouter « 100 nouvelles heures destinées aux enfants de 2 à 12 ans chaque année » sur quatre ans. Toutefois, Le chef péquiste et son parti croient que le coeur de la CAQ n'y est pas :

« La CAQ n'a pas démontré un intérêt pour cette question. Évidemment, elle va répondre qu'elle a fait un ajout de budget et ils vont nous ajouter des chiffres. Nous, on dit qu'il y a un changement de cap à avoir. »

Il a énuméré plusieurs promesses en matière de culture lors de son point de presse. Paul St-Pierre Plamondon désire créer un bureau de promotion du contenu culturel québécois pour représenter le Québec sur les plateformes mondiales comme Netflix. Il désire aussi créer un musée national de l'histoire du Québec, sans compter qu'il veut aussi remettre un passeport culturel de 100 $ par année aux étudiants du secondaire, du collégial et aux immigrants. Ce serait 800 millions sur quatre ans qu'il veut mettre dans la promotion de la culture et de la langue. Le chef du PQ dit qu'il en va de l'avenir de la langue française :

« L'espace culturel, quand on regarde surtout la consommation culturelle des jeunes, ça semble évident qu'il y a eu une substitution de l'univers culturel et mental anglo-américain au détriment de l'espace québécois. Ça a beaucoup d'impact à moyen et long terme sur la langue française. »

Source : La Presse
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