Tristesse au Québec une usine légendaire s'éteint après 92 ans d'histoire
Mardi matin, le réveil est brutal pour la petite communauté de Lac-Drolet alors qu'un pan de son histoire s'apprête à disparaître.
Après près d'un siècle d'existence, l'usine originale des bottes Royer fermera définitivement ses portes au mois d'avril prochain.
Dans la MRC du Granit, c'est la consternation puisque cette entreprise fondée en 1934 par Louis-Philippe Royer est une véritable institution.
Pour Simon La Rochelle, le président actuel, la décision de licencier les 47 employés de cette usine historique est tout simplement « crève-c½ur ».
Faut dire que ce n'est pas le manque de commandes qui tue l'usine, mais bien le manque criant de bras pour faire le travail.
Malgré toutes les tentatives de formation, l'entreprise n'arrive plus à recruter des gens pour coudre et tailler le cuir dans ce secteur.
L'usine Royer quitte son berceau de Lac-Drolet
En 2010, les employés sortaient fièrement 500 paires de bottes par jour, un chiffre qui a dégringolé à peine 125 aujourd'hui.
Avec une telle baisse de régime, le coût de fabrication d'une seule paire a explosé, passant de 15$ à environ 60$ en frais fixes.
Imaginez la compétition : pendant qu'on paie 25$ l'heure ici, la main-d'½uvre coûte 1,50$ au Bangladesh pour le même boulot.
Heureusement, la production ne part pas en Asie, mais sera transférée vers les usines de Sherbrooke et Magog où le recrutement est plus facile.
Disons que c'est une consolidation nécessaire pour garder l'entreprise en santé et continuer de fournir la GRC et la Sûreté du Québec.
Par contre, Royer a décidé de tirer la plogue sur le marché américain, jugeant qu'il est impossible de se battre contre les produits chinois là-bas.
Au lieu de s'acharner aux États-Unis, la direction préfère maintenant regarder vers l'Europe pour exporter son savoir-faire québécois.
Reste que pour les résidents de Lac-Drolet, voir partir l'héritage du barbier-cordonnier du village laisse un grand vide immense.
On souhaite bonne chance aux travailleurs touchés, car perdre une entreprise centenaire, c'est comme perdre un membre de la famille.
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