Crédit photo: Radio-Canada

Le conglomérat BCE procède à l'abolition d'un chiffre faramineux de postes

Publié le 9 février 2024 à 7h14
PAR GABRIEL LANDRY
Une grosse nouvelle est récemment tombée au sujet du conglomérat BCE.

En effet, il semble que l'entreprise abolira 4800 postes lors de la plus grande restructuration depuis trente ans. Rappelons qu'il s'agit de 9 % de sa main-d'oeuvre.

C'est Mirko Bibic, président et chef de la direction, qui a fait l'annonce jeudi matin. Il explique que des emplois seront supprimés « à tous les niveaux de l'entreprise ».

Ils procéderont donc à une abolition des postes vacants, avant de procéder à des licenciements.


De cette manière, le conglomérat BCE espère être en mesure d'économiser 250 millions de dollars par année.

Le groupe procédera aussi à la vente de 45 de ses 103 stations de radio régionales à sept acheteurs différents. Ces stations de radio se retrouvent principalement au Québec, en Ontario, en Atlantique et en Colombie-Britannique.

Parmi ces acheteurs, on retrouve Arsenal Média. Son président et chef de la direction Sylvain Chamberland a tenu à se montrer rassurant lorsqu'il a été contacté par Radio-Canada :

« On n'achète pas pour fermer, assure-t-il d'entrée de jeu. On achète parce que notre plan d'affaires, il fonctionne. Et on fonctionne avec des employés [] On a besoin d'animateurs, on a besoin de techniciens. »

Il tient aussi à faire remarquer que les stations ont été achetées par de petites entreprises :

« Les acheteurs sont de plus petits joueurs, qui gèrent de façon différente. On est une entreprise privée. [...] On n'est pas un conglomérat, on n'est pas public, donc c'est sûr que ça change la donne. On n'est pas à la merci de résultats à tout prix à tous les trois mois »

Éric-Pierre Champagne, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s'inquiète toutefois, craignant de voir apparaître des « déserts d'information régionaux » :

« Ça prend des revenus pour faire fonctionner une salle de nouvelles, donc si les revenus ne sont pas là, c'est difficile de soutenir des équipes. L'information n'est pas un bien ordinaire. C'est un service qui est au coeur de notre démocratie. Les coupes sont souvent faites aux dépens de l'information régionale, qui est déjà fragile »

Le conglomérat BCE souhaite également réduire ses dépenses d'investissements de 500 millions de dollars au cours de l'année 2024. L'entreprise a également indiqué vouloir réduire l'Expansion de son réseau de fibre optique à cause « de politiques fédérales et de décisions du CRTC qui découragent les investissements ».

Jeudi matin, l'entreprise publiait les résultats financiers de son quatrième trimestre de 2023. BCE a donc fait état d'un bénéfice net de 435 millions de dollars pour la période de trois mois.

Il s'agit d'une baisse de 23,3 % par rapport au même trimestre de 2022.

Pour ce qui est du bénéfice net attribuable aux actionnaires, il était de 382 millions de dollars, soit un recul de 27,7 % par rapport à l'année précédente.

Robert Malcolmson, le chef des affaires juridiques et réglementaires de Bell, expliquait notamment à la Presse Canadienne pourquoi ils ont fait ce choix :

« C'est un désinvestissement important. C'est parce que ce n'est plus une entreprise viable. [] Nous continuerons à exploiter celles qui sont viables, mais c'est une activité qui va dans la mauvaise direction. »

Toujours selon Malcolmson, Bell média serait en pleine « transformation numérique » pour ce qui est du divertissement et de l'information. Il croit cependant que ces changements ne garantissent pas de bénéfices pour l'entreprise :

« Nous investissons là-dedans; nous verrons, a-t-il ajouté. Sans une certaine forme de soutien réglementaire, c'est difficile. »

Rappelons que beaucoup d'acteurs du domaine des communications au Canada reproche au gouvernement d'avoir trop tardé pour aider les entreprises médiatiques du pays. En effet, selon eux, leur modèle de financement ne peut rivaliser avec les grandes multinationales tel que Meta, Google et Apple.

Malcolmson explique aussi que le CRTC a une trop grande rigidité et une lourdeur réglementaire qui empêche les entreprises canadiennes d'être aussi agiles que nécessaire :

« Nous plaidons en faveur d'une réforme depuis des années. Elle n'arrive pas assez vite et lorsqu'elle arrive, elle n'apporte pas une aide importante. »

Du côté d'Ottawa, la ministre du Patrimoine canadien Pascale St-Onge a dit qu'elle était « très déçue » de la décision prise par BCE.

En effet, pour elle, l'entreprise choisi de « mettre à la porte 4800 personnes » dans le but de « protéger les dividendes de ses actionnaires » :

« Au moment où toute l'industrie devrait se serrer les coudes, on voit que Bell décide de protéger les dividendes de ses actionnaires. »

Pascale St-Onge déplore également la manière dont Bell a traité ses acquisitions de stations de radio et de journaux. En effet, l'entreprise devait s'engager à maintenir les services d'information régionaux tout en soutenant l'industrie culturelle d'ici :

« Bell Canada a eu des allégements de 40 millions de dollars pour aider à faire les bulletins de nouvelles; des allégements réglementaires de la part du CRTC à ses obligations. Et aujourd'hui, elle choisit de couper dans les bulletins de nouvelles et de vendre 45 stations de radio. »

« Elles font encore des milliards de dollars de profits, il s'agit encore de compagnies très profitables et elles ont encore les moyens d'honorer leurs engagements. »

Source : GlobalNews
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