La grande dame des lettres québécoises Madeleine Gagnon est décédée la nuit dernière à l'âge de 87 ans. Une voix unique vient de s'éteindre.

C'est sa maison d'édition de longue date, les Éditions du Boréal, qui a confirmé la triste nouvelle ce jeudi 30 avril 2026 par un message senti publié sur ses plateformes officielles.

Native d'Amqui, dans la vallée de la Matapédia, l'autrice et poète était née en 1938. Elle laisse derrière elle une oeuvre considérable, étalée sur près de 50 ans.

Son parcours littéraire avait pris son envol en 1969 avec le recueil de nouvelles « Les Morts-vivants », publié chez HMH. Une quarantaine de livres ont suivi, en prose comme en poésie.

Dans son hommage, l'éditeur a salué « une oeuvre puissante, courageuse et rebelle ». Une formule qui résume pas mal l'esprit de cette femme libre, jamais réductible à une seule étiquette.

[Publication Facebook des Éditions du Boréal, 30 avril 2026]

L'éditeur cite aussi le poète Paul Chanel Malenfant, qui disait de Madeleine Gagnon qu'elle « nous rend le monde autrement. Entre lucidité et émerveillement. »

Ses proches, ses lecteurs et la communauté littéraire d'ici accusent le coup ce matin. Les hommages commencent déjà à circuler en masse sur les réseaux sociaux.

Madeleine Gagnon, une figure marquante de la littérature québécoise contemporaine

Titulaire d'un doctorat en littérature obtenu à l'Université d'Aix-en-Provence en 1968, Madeleine Gagnon a aussi été professeure pendant près de 30 ans.

Elle a enseigné dès 1969 au Département de littérature de l'UQAM, avant de poursuivre jusqu'en 1996 dans plusieurs autres universités québécoises. Des générations d'écrivains sont passées par ses cours.

Son oeuvre, traduite en anglais, en espagnol et en italien, lui a valu une reconnaissance bien au-delà des frontières du Québec, avec une quinzaine de traductions à son actif.

Parmi ses livres les plus marquants, on retient « Retailles », cosigné avec Denise Boucher en 1977, ainsi que « La Venue à l'écriture », un essai écrit avec Hélène Cixous et Annie Leclerc la même année.

Son dernier livre, « Depuis toujours », est paru en 2013 chez Boréal. Un récit autobiographique émouvant qui revenait sur ses combats, de l'indépendantisme aux luttes féministes.

Côté distinctions, le palmarès est impressionnant. Elle a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général en poésie en 1991 pour « Chant pour un Québec lointain ».


Le prix Athanase-David, plus haute reconnaissance littéraire au Québec, lui a été remis en 2002 pour l'ensemble de son oeuvre. Le prix Ronald-Gasparic de Roumanie a suivi en 2008.

Membre de l'Académie des lettres du Québec depuis 1987, elle avait aussi été nommée membre de l'Ordre du Canada en 2013, puis officière de l'Ordre national du Québec en 2015.

Les détails entourant les funérailles n'ont pas encore été dévoilés par la famille. Le milieu littéraire québécois devrait lui rendre hommage dans les prochains jours.

Faque c'est toute une page de notre littérature qui se tourne ce matin. Comment liriez-vous Madeleine Gagnon pour la première fois?

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