L'épidémie d'Ebola continue de s'étendre en République démocratique du Congo à une vitesse jamais vue.
Selon le journal Le Monde, la maladie se répand plus rapidement que les 16 épidémies précédentes qu'a connues le pays depuis l'identification du virus en 1976. Le bilan actuel s'établit à 600 morts.
À Kinshasa, le message officiel se veut rassurant face à l'épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo. Le virus poursuit toutefois sa propagation dans une zone reculée et instable du pays.
Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, assure que le gouvernement a pris la pleine mesure du défi. Il affirme qu'une réponse financière et logistique robuste a été apportée en très peu de temps.
La réalité semble toutefois contredire ce discours officiel. Plusieurs acteurs de terrain doutent de l'efficacité réelle de la réponse sanitaire déployée face à cette épidémie déclarée le 15 mai par les autorités congolaises.
Le dernier exemple vient de Bunia, chef-lieu de la province d'Ituri, qui concentre plus de 90% des cas recensés. La ville est devenue l'avant-poste médical stratégique dans la lutte contre le virus.
Ebola s'aggrave dans la province d'Ituri en RDC
Dans cette zone éloignée, située à 3000 kilomètres par la route de la capitale, les agents de santé étaient en grève vendredi 10 juillet. Ils protestent contre le non-paiement de leurs indemnités depuis plus d'un mois.
Ces travailleurs dénoncent également la dégradation continue de leurs conditions de travail sur le terrain. Une situation qui complique davantage la réponse à cette épidémie déjà difficile à contenir.
Selon le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies, 112 agents de santé auraient été touchés directement par le virus depuis le début de la crise actuelle en RDC.
Ce bilan de 600 morts, communiqué jeudi par l'Organisation mondiale de la santé, s'appuie sur les données transmises par les autorités sanitaires congolaises. Au total, 1759 cas ont été confirmés depuis le début de l'épidémie.
Le virus continue également d'être présent dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces régions demeurent partiellement contrôlées par le groupe armé antigouvernemental M23.
Cette 17e épidémie d'Ebola en RDC est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement approuvé. Un essai clinique portant sur deux traitements a débuté le 2 juillet dernier.
Les experts sur le terrain avertissent que la situation pourrait durer encore plusieurs mois. Les besoins humanitaires demeurent considérables, notamment pour la protection des civils et l'accès aux soins de santé essentiels.
La communauté internationale continue de suivre de près l'évolution de cette crise sanitaire, alors que les autorités congolaises peinent à rassurer pleinement la population et les acteurs de terrain.
Suivez-vous l'évolution de l'épidémie d'Ebola en RDC?
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