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Un refus administratif fait échouer le sauvetage de la seule épicerie d'un village


PUBLICATION
Maryse Savard
8 janvier 2026  (16h39)
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Village
Crédit photo: Facebook

À La Doré, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une mobilisation citoyenne pour sauver l'unique épicerie du village s'est butée à un refus administratif qui soulève aujourd'hui de sérieuses questions sur l'impartialité de la Régie des alcools, des courses et des jeux, ainsi que sur l'accès aux services essentiels en région.

Quand les propriétaires de la seule épicerie Bonichoix ont annoncé leur retraite à l'automne 2024, l'inquiétude s'est rapidement installée dans la municipalité.
Pour plusieurs familles, ce commerce représentait bien plus qu'un simple point d'achat, c'était un pilier de la vie quotidienne.
Devant l'urgence de la situation, l'organisme à but non lucratif Promotion La Doré s'est organisé afin de trouver une solution réaliste.
L'idée retenue était d'organiser un tirage moitié-moitié dans le but d'amasser 150 000 dollars pour assurer la survie de l'épicerie.
Comme le prévoit la réglementation québécoise, une demande de licence a été déposée auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux.
Sans cette autorisation, il était impossible de tenir légalement le tirage et de recueillir les fonds espérés.
La décision est tombée quelques mois plus tard.
La juge Josée Lapalme, siégeant au Tribunal de la Régie, a refusé la demande en concluant que Promotion La Doré ne répondait pas au critère de fins charitables exigé par la loi.

La juge Josée Lapalme et le malaise du double chapeau à la Régie

Ce que les citoyens ignoraient alors, c'est qu'un mois avant l'audience, la même juge avait déjà analysé le dossier dans un autre rôle administratif au sein de la Régie.
À titre de régisseure d'instruction, elle avait conclu qu'un refus s'imposait.
Cette information n'a jamais été communiquée aux représentants de Promotion La Doré lors de l'audience tenue sur Teams.
Plusieurs ont appris après coup que la personne chargée de trancher leur cause avait déjà pris position.
Entre-temps, l'épicerie a servi ses derniers clients en septembre dernier.
Désormais, les résidents doivent parcourir environ 20 kilomètres pour faire leur épicerie, une réalité que plusieurs qualifient de désert alimentaire.
Le cas de La Doré n'est pas unique.
D'autres organismes et entreprises québécoises ont aussi été confrontés à ce système de juges à double chapeau, alimentant un malaise croissant sur la séparation entre les fonctions administratives et judiciaires.
Pour les citoyens de La Doré, le débat dépasse les règles et les procédures.
Il touche directement la capacité des villages de se prendre en main et de préserver des services essentiels.
L'épicerie est fermée, mais les questions soulevées, elles, demeurent bien ouvertes.
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