Familiprix vient de poser un geste fort. La bannière retire les boissons énergisantes de toutes ses pharmacies affiliées au Québec, dès maintenant.
La décision suit une recommandation officielle de l'Ordre des pharmaciens du Québec. L'organisme professionnel s'inquiète des risques pour la santé des jeunes consommateurs.
Familiprix devient ainsi la première grande bannière à passer à l'action à l'échelle de son réseau. Les tablettes seront vidées dans les prochaines semaines partout au Québec.
L'Ordre des pharmaciens, lui, n'y va pas par quatre chemins dans son communiqué. Le ton est sans équivoque sur les dangers du produit pour la clientèle adolescente.
« La combinaison de psychostimulants et de boissons énergisantes caféinées présente des risques cardiovasculaires pouvant entraîner des conséquences graves, voire fatales », écrit l'Ordre.
L'organisme rappelle aussi que 23,9 % des adolescents et 15,8 % des adolescentes se font prescrire ce type de médication. Faque le risque est bien réel.
« Vendre ces boissons dans des lieux adjacents à ceux où ces jeunes viennent chercher leur médication représente une incohérence que nous ne pouvons ignorer », ajoute l'Ordre dans sa déclaration.
Boissons énergisantes en pharmacie, le mouvement Familiprix prend forme
Le décès tragique de Zachary Miron, en janvier 2024, a tout déclenché. L'adolescent de 15 ans est mort après avoir consommé une boisson énergisante combinée à sa médication pour le TDAH.
Sa famille s'est battue sans relâche depuis. Une pétition appuyée par plus de 35 000 signataires a été déposée à l'Assemblée nationale pour réclamer un meilleur encadrement.
À l'heure actuelle, aucune loi ne régit la vente de ces boissons au Québec. N'importe qui, peu importe son âge, peut s'en procurer en magasin.
Les pharmacies Jean Coutu de Jonquière ont aussi pris les devants cette semaine. Elles ont annoncé le retrait des boissons énergisantes de leurs succursales dès la semaine prochaine.
L'Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec demande maintenant à Québec d'agir. L'ABCPQ veut qu'on impose des critères d'âge clairs pour l'achat.
« Nous tendons la main aux parlementaires, au gouvernement et aux autres acteurs de la pharmacie et du commerce de détail », a déclaré Yann Yehia Nachabé, président de l'ABCPQ.
Les succursales Familiprix afficheront aussi un message aux comptoirs de consultation. L'objectif, encourager les patients à parler de leur consommation à leur pharmacien.
Reste à voir si les autres grandes bannières vont emboîter le pas dans les prochains jours. Le débat, lui, est loin d'être terminé.
Faut-il bannir les boissons énergisantes des pharmacies du Québec?
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