Anne Claire Poirier, pionnière du cinéma féministe au Québec, est décédée dans son sommeil. La nouvelle a été rapportée par Radio-Canada.

La cinéaste s'est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi, à sa résidence d'Outremont. Elle avait passé près de 40 ans à l'Office national du film, où elle a marqué l'histoire du cinéma québécois.

Son fils, Frédéric Cornu, a annoncé la nouvelle à Radio-Canada. « Ma mère était une fonceuse, une grande femme qui est sortie des tranchées et qui a donné aux femmes leur place au cinéma », a-t-il confié.

Suzanne Guèvremont, présidente de l'ONF, a aussi souligné l'apport exceptionnel d'Anne Claire Poirier. « Anne Claire Poirier a été une véritable pionnière, ouvrant la voie aux cinéastes québécoises et au cinéma féministe », a-t-elle déclaré.

Anne Claire Poirier a été la première femme francophone à devenir réalisatrice et productrice à l'ONF. La série de films qu'elle a codirigée dans les années 1970, « En tant que femmes », a contribué à asseoir la place des femmes dans l'institution.

Née le 6 juin 1932 à Saint-Hyacinthe, elle a d'abord étudié le droit et l'art dramatique. Elle a ensuite mené des entrevues à l'émission « Carrefour », à Radio-Canada, avant de rejoindre l'ONF en 1960.

« Il n'y avait pas d'école de cinéma à ce moment-là. On apprenait sur le tas », avait-elle confié à la journaliste Martine Lanctôt, en 1991. Elle est arrivée à la même époque que Gilles Carle et Arthur Lamothe.

Mourir à tue-tête, le coup de maître d'Anne Claire Poirier

Son premier film, « 30 minutes, Mr. Plummer », un court métrage réalisé en 1963, mettait en vedette Christopher Plummer. Elle a ensuite fait tourner une jeune Geneviève Bujold dans « La fin des étés », en 1964.

En 1968, son premier long métrage, « De mère en fille », s'inspirait de sa maternité récente. Ce film marque le début du cinéma féministe au Québec, selon plusieurs observateurs du milieu.

En 1979, elle signe « Mourir à tue-tête », son oeuvre la plus marquante. Julie Vincent y incarne une jeune infirmière victime d'une agression violente, un film présenté au Festival de Cannes.

En 1997, Anne Claire Poirier réalise « Tu as crié Let Me Go! », un documentaire personnel sur sa fille, décédée en 1992. Ce film aborde la toxicomanie et se voulait aussi un moyen de rester près d'elle.

La cinéaste a reçu de nombreux honneurs au fil de sa carrière exceptionnelle. Elle était officière de l'Ordre national du Québec et de l'Ordre du Canada, en plus d'avoir reçu le Prix du Gouverneur général en 2002.

Le milieu du cinéma québécois perd ainsi une figure marquante avec le décès d'Anne Claire Poirier. Son héritage continuera d'inspirer les cinéastes des générations futures, particulièrement les femmes qu'elle a contribué à faire connaître.

SONDAGE

Connaissiez-vous l'oeuvre d'Anne Claire Poirier?

À lire également sur Derniere Heure Qc :
OD Panama: de détails importants concernant l'intrusion armée