Le cinéma québécois perd une véritable pionnière, alors qu'Anne Claire Poirier est décédée à 94 ans après une carrière profondément marquante.
Tel que rapporté par Noovo Info, la cinéaste s'est éteinte dans la nuit de samedi à dimanche. Son décès a été confirmé lundi par l'Office national du film du Canada.
Née le 6 juin 1932 à Saint-Hyacinthe, Anne Claire Poirier avait d'abord étudié le droit avant de choisir une carrière artistique.
Elle avait travaillé comme comédienne, scripte et animatrice à Radio-Canada, avant de faire son entrée à l'ONF en 1960.
Ses débuts derrière la caméra avaient contribué à transformer un milieu où les femmes occupaient encore très peu de place.
En 1963, Anne Claire Poirier avait notamment réalisé un court métrage consacré au célèbre acteur canadien Christopher Plummer.
Anne Claire Poirier avait changé le cinéma québécois pour les femmes
Quelques années plus tard, De mère en fille avait marqué une étape importante de son parcours et du cinéma féministe québécois.
Le long métrage explorait la grossesse et la maternité à partir du journal tenu par Anne Claire Poirier durant sa propre grossesse.
Son engagement avait ensuite dépassé ses propres réalisations, puisqu'elle avait participé activement à créer davantage d'espace pour les femmes cinéastes.
Au début des années 1970, elle avait notamment contribué au programme En tant que femmes, qui avait favorisé plusieurs productions réalisées par des femmes.
Anne Claire Poirier avait également signé Les Filles du Roy, une oeuvre explorant la condition et les rôles des femmes au Québec.
En 1979, Mourir à tue-tête avait profondément marqué les esprits en abordant frontalement la violence sexuelle et ses conséquences sur les femmes.
Cette oeuvre demeure l'un des films les plus connus de sa carrière. Elle avait notamment été présentée au Festival de Cannes.
Anne Claire Poirier avait ensuite réalisé La Quarantaine en 1982, puis Salut Victor quelques années plus tard.
Sa dernière réalisation avait toutefois pris une dimension particulièrement personnelle avec Tu as crié : LET ME GO!, lancé en 1997.
Dans ce documentaire, Anne Claire Poirier revenait sur la mort violente de sa fille Yanne et cherchait à comprendre son parcours.
Cette oeuvre avait conclu une carrière de près de quatre décennies à l'ONF, où Anne Claire Poirier avait occupé plusieurs fonctions importantes.
Son travail lui avait valu de nombreuses distinctions, dont le prix Albert-Tessier en 1988 pour sa contribution exceptionnelle au cinéma québécois.
Elle avait également reçu un prix du Gouverneur général pour les arts de la scène et un Jutra Hommage pour sa carrière.
Officière de l'Ordre national du Québec depuis 2008, Anne Claire Poirier laisse derrière elle une oeuvre intimement liée aux transformations sociales québécoises.
Son cinéma avait souvent abordé des sujets difficiles avec une volonté assumée de faire entendre des réalités longtemps laissées dans l'ombre.
À 94 ans, Anne Claire Poirier laisse surtout une empreinte majeure dans notre cinéma, particulièrement auprès des femmes ayant suivi le chemin ouvert devant elles.
Quel film d'Anne Claire Poirier vous a le plus marqué?
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