Serge Savard a attendu le lendemain du décès pour s'exprimer publiquement. Ce qu'il a révélé n'avait jamais filtré en dehors des cercles fermés de l'organisation du Canadien de Montréal.
En 2012, alors que Geoff Molson lui avait confié le mandat d'identifier le prochain directeur général du Tricolore, Claude Lemieux avait pris les devants. Il avait contacté Savard directement pour lui signifier son intérêt à occuper le poste.
La démarche était personnelle, volontaire et sans intermédiaire. Lemieux voulait diriger le Canadien, et il l'avait dit clairement à l'homme qui avait justement le pouvoir d'influencer cette décision.
Savard n'a pas tourné autour du pot en livrant cette confidence. Il avait écarté Lemieux d'emblée, sans lui accorder d'entrevue formelle, sans considérer sa candidature comme viable.
«Claude m'avait contacté pour me dire qu'il était intéressé à devenir directeur général du Canadien», a confirmé Savard. Marc Bergevin avait finalement obtenu le poste au printemps 2012, amorçant un mandat qui allait durer jusqu'en 2021.
Ce qui frappe dans cette révélation, c'est moins le refus de Savard que la démarche de Lemieux elle-même. Un homme qui avait tout gagné sur la glace et qui cherchait encore à servir l'organisation qui l'avait lancé.
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Claude Lemieux et le Canadien: Serge Savard lève le voile sur une candidature secrète en 2012
Lemieux avait remporté sa première Coupe Stanley avec le Tricolore en 1986, en tant que recrue. Ce titre inaugural avait visiblement créé un attachement que même une carrière couronnée de succès ailleurs n'avait pas effacé.
Trois autres Coupes Stanley allaient suivre, avec le New Jersey Devils en 1995 et en 2000, puis avec l'Avalanche du Colorado en 1996. Il avait également remporté le trophée Conn Smythe en 1995. Mais le Canadien restait quelque chose de particulier pour lui.
Bergevin avait conduit l'organisation jusqu'en finale de la Coupe Stanley en 2021 avant qu'une reconstruction majeure soit enclenchée. On ne saura jamais ce qu'aurait donné le mandat de Lemieux à ce même poste.
Ce qu'on sait, c'est qu'il avait la volonté d'essayer. Une volonté que Savard avait choisie de taire pendant plus de dix ans, et qu'il révèle maintenant que Lemieux n'est plus là pour en parler lui-même.
Aucune information ne permet de confirmer si Lemieux avait manifesté son intérêt lors d'autres recherches de directeur général par la suite. L'épisode de 2012 demeure, pour l'instant, le seul connu.
Cette confidence de Savard arrive au moment précis où le monde du hockey tente de dresser un portrait complet de l'homme derrière le joueur. Elle y contribue de façon significative.
La famille Lemieux n'a pas encore rendu publics les détails des arrangements funèbres. D'autres révélations sur sa vie hors glace pourraient encore suivre dans les prochains jours.
Claude Lemieux aurait-il fait un bon directeur général du Canadien?
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