Les infections transmissibles sexuellement et par le sang atteignent des niveaux préoccupants au Québec. Les experts observent une hausse qui se poursuit depuis plusieurs années.

Les plus récentes données de l'Institut national de santé publique du Québec montrent que plusieurs infections connaissent une progression importante. La tendance observée avant la pandémie semble maintenant bien installée.

Selon Karine Blouin, conseillère scientifique spécialisée à l'INSPQ, la hausse actuelle ne peut plus être expliquée uniquement par un effet rebond après la COVID-19. Les statistiques continuent d'augmenter malgré le retour à la normale.

La syphilis demeure l'une des infections qui inquiètent le plus les autorités sanitaires. Chez les femmes, le nombre de cas recensés en 2023 était dix fois plus élevé qu'en 2015.

La gonorrhée présente également des chiffres préoccupants. En 2023, le taux d'infection enregistré au Québec a atteint son plus haut niveau depuis 1990.

Les cas de syphilis et de gonorrhée explosent au Québec

Les spécialistes s'inquiètent aussi de l'apparition de souches de gonorrhée résistantes aux antibiotiques. Cette réalité pourrait rendre les traitements plus complexes dans les prochaines années.

À Montréal, près de la moitié des cas de gonorrhée recensés en 2025 ont été enregistrés. La métropole demeure l'un des principaux foyers de transmission dans la province.

Du côté de la Capitale-Nationale, la situation préoccupe également les autorités de santé publique. La Dre Nathanaëlle Plante affirme que les niveaux observés récemment n'ont pratiquement jamais été vus auparavant dans la région.

Selon les experts, plusieurs facteurs expliquent cette progression. Les partenaires anonymes, l'abandon de certaines mesures de protection et une banalisation des infections figurent parmi les causes les plus souvent mentionnées.

Les méthodes de dépistage plus performantes ont contribué à identifier davantage de cas au fil des années. Toutefois, les spécialistes estiment que cet élément n'explique plus à lui seul la croissance observée.

Les données démontrent notamment que le taux de syphilis est passé de 3,2 cas par 100 000 habitants en 2004 à 16 en 2023. Pendant la même période, la gonorrhée est passée de 11 à 112 cas par 100 000 habitants.

Les autorités rappellent que le dépistage demeure l'un des outils les plus efficaces pour freiner la propagation des infections. Une détection rapide permet souvent d'éviter plusieurs nouvelles transmissions.

Face à cette hausse persistante, les experts invitent les Québécois à adopter des comportements préventifs et à consulter rapidement lorsqu'un risque d'exposition est présent.

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Le Québec devrait-il intensifier la prévention des ITSS?

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