Un criminel jugé dangereux a passé 56 jours en cavale cet été, sans que la population soit avertie. Il a finalement été arrêté à Granby, comme le rapporte TVA Nouvelles.
Alexandre Demers Anderson, 30 ans, a été arrêté jeudi dernier alors qu'il quittait un centre commercial de Granby. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrestation pancanadien depuis sa fuite.
L'homme est présentement détenu et pourrait faire face à de nouvelles accusations. Aucune accusation supplémentaire n'avait toutefois été annoncée au moment d'écrire ces lignes, mercredi.
Le 27 août, il n'était jamais revenu à l'établissement résidentiel communautaire où il avait été assigné, dans le quartier Parc-Extension, à Montréal. Il y séjournait depuis quelques jours seulement.
La Commission des libérations conditionnelles du Canada l'y avait assigné en soulignant sa « faible crédibilité » à respecter ses engagements légaux, rapporte le Journal de Montréal, qui a révélé l'affaire.
Pendant près de 2 mois, aucun avis public n'a été diffusé pour alerter la population. Le Service de police de la Ville de Montréal affirme n'avoir agi qu'en soutien dans ce dossier.
Selon le SPVM, la responsabilité du dossier relevait du Service correctionnel du Canada. L'organisme fédéral n'avait pas répondu aux questions du Journal en fin de journée, mercredi, selon le quotidien.
Alexandre Demers Anderson : un criminel dangereux en cavale sans alerte au public
La Sûreté du Québec affirme être intervenue dès qu'elle a été informée de la situation. Son équipe de surveillance des délinquants à haut risque a participé à l'arrestation.
Avant sa fuite, l'homme purgeait une peine pour plusieurs crimes, dont une agression armée et la séquestration d'une ex-conjointe. Il a aussi été condamné pour fraude et pour cruauté envers des animaux.
Déclaré délinquant à contrôler, il fait l'objet d'une ordonnance de surveillance de longue durée de 10 ans. Celle-ci doit prendre fin en 2037, soit dans plus d'une décennie.
Selon un psychologue cité dans une décision de la Commission, il présente « les éléments centraux associés au prototype du délinquant psychopathe ». Son potentiel de réinsertion sociale est jugé faible par la Commission.
La Commission souligne aussi qu'il a fait l'objet d'interventions en centre de détention dès l'âge de 16 ans. La manipulation et l'intimidation feraient partie de ses comportements courants, selon le document.
« Le risque apparaît particulièrement préoccupant au sujet des infractions impliquant de la violence contre une partenaire intime », note la Commission dans sa décision, qui brosse un portrait sombre du délinquant.
L'absence d'alerte publique pendant toute la durée de la cavale soulève de nombreuses questions. Le Service correctionnel du Canada devra éventuellement expliquer pourquoi la population n'a pas été informée durant ces semaines.
Une chose est certaine, cette affaire relance le débat sur l'information transmise au public lors de l'évasion de délinquants jugés à haut risque. Les prochaines étapes judiciaires seront suivies de près.
La population aurait-elle dû être alertée de la fuite d'Alexandre Demers Anderson?
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