« Je connais beaucoup, beaucoup d'auteurs qui ont écrit une première oeuvre. J'en connais pas mal moins qui en ont écrit une deuxième. Une troisième, là on va les compter sur les doigts de la main et une quatrième...
C'est ça qui me rend mal à l'aise, vous me parlez de ma popularité mais je ne suis pas tout seul qui fait ce métier-là. Il y a des auteurs qui sont meilleurs que moi qui font ce métier-là. Mais dans ce métier-là, le talent il est difficile à trouver. Et il faut que tu travailles.
Aujourd'hui, les auteurs ils écrivent un épisode et ils besoin de six mois de vacances! À un moment donné, tu écris de la télé. Si tu prends un mois pour écrire un épisode, t'es peut-être pas dans le bon métier! Les auteurs de talent, faut en prendre soin. C'est le pétrole des producteurs! Cette industrie-là, c'est une industrie de producteurs, ce n'est pas une industrie de créateurs. Et ça ça me rend fou! Autant en cinéma, autant en télévision. En cinéma, la SODEC n'est pas intéressée à parler aux auteurs. Ils veulent parler au producteur. Et tu vas rencontrer le réalisateur et l'auteur une fois quand ils vont venir pitcher.
Tout ça c'est bâti par des producteurs...partez-moi pas là-dessus! Je vois des auteurs, des créateurs qui sont paralysés!
T'es un auteur, t'arrives chez un producteur et tu dis moi je vais faire une tarte au citron. Il travaille avec toi, il développe des affaires, il y a toutes sortes de monde, des conseillers, des ci, des ça... Ça finit, c'est une tourtière!
Et là ils te disent qu'elle est pas bonne ta tourtière. Oui, mais moi c'est une tarte au citron que je voulais faire, c'est pas une tourtière! »